Tadaaaa!!
Comme dit précédemment, Arthur est venu nous faire un grand coucou mercredi dernier, le 3 décembre, à 15h 38.
Et en plus, cette petite merveille de 3,4 kg et haute de 50 cm a décidé de montrer le bout de son nez (tout rond) le jour de l'anniversaire de son papa! Qué farceur ce bonhomme!
Commençons par le début.
Le 2 au soir, mamadame et moi décidons de faire en sorte d'accélérer les choses en faisant des bisous (...). Bien entendu, je m'endors sitôt après et perds contact avec la réalité. Mamadame, elle, préfère commencer à contracter. Toutes les cinq minutes. Depuis minuit. Soucieuse de mon sommeil, elle ne me réveille que vers 1h du mat', annonçant que "c'est parti"! On appelle Chris qui vient chercher laurine (il rentrait d'une bouffe, on ne l'a donc pas réveillé) et on saute dans un taxi, direction la maternité. Il est 2h.
Arrivés là-bas, on répète les gestes appris fin Aout (tourner à gauche, sonner, prendre l'ascenceur, brancher la DS...), accueillis par une sage-femme qui, sans ménagement, enfourne un gant dans Mamadame pour déclarer que "vous êtes ouverte à 1, mais on va vous garder et on verra...". Arrivée dans la salle d'accouchement, on se met à l'aise, on branche le champignon et le monitoring, et je me mets en quête d'un café.
Vers 3h, Sam fait son entrée, fraîche comme un ruisseau. Et on attend...
Les choses avancent mais ne se précipitent pas. Arthur arrive, mais sans se presser. Le travail continue son petit chemin.
Vers 7h30, on décide (je dis "on" mais ça me concerne assez peu) de mettre la péridurale. Il faut noter qu'à ce moment, l'équipe de sages-femmes de jour est arrivée et qu'elles sont Su-per Sym-pas! Souriantes, disponibles, calmes... Il va de soi qu'après cette méta injection de morphine, la patate de Mamadame commence un peu à baisser.
Et on re-attend... On essaie d'un peu dormir, de lire, on papote, on fait quelques exercices pour accélerer l'ouverture du col. Sam refuse obstinément de se nourrir (un sacerdoce, je vous dis!).
Vers 8h arrive la gynéco (que Saint Anselme lui fasse boire de son eau), hyper zen. Elle constate que mamadame persiste à rester fermée (ou ouverte, question de point de vue) à 4cm...
C'est ici que la médecine prend les choses en main: on injecte un produit supposé accélérer les contractions et, par conséquent, l'ouverture des portes. Entretemps, la gynéco (que Tapatiki, la grande tortue, bénisse sa matrice) perce la poche des eaux. Flouch! Un tsunami amniotique jaillit des abysses de mamadame!
Une des hypothèses pour laquelle mamadame ne s'ouvre pas rapidement est que la grossesse s'est tellement bien passée qu' elle ne voudrait, inconsciemment bien sur, pas qu'elle se termine. Sam incite alors des exercices mentaux pour faire jouer le générique de fin de ce beau moment qu'ont été ces 9 mois de bonheur.
10h. Toujours pas grand chose. 64ème café.
11h. Les sage-femmes augmentent la dose de... Comment ça s'appelle ce produit? On dira de laxatif pour accouchement qui dure. Les choses devraient probablement bouger d'ici peu.
Midi, les pronostics tombent: il sera là pour 14h! 82ème café.
Et à 14h, les poussées commencent! Une batterie de sage-femmes, de gynécos, d'anesthésistes, de pères anxieux et d'infirmières s'agitent autour du lit de mamadame, qui pousse ("pousse!") mais bizarrement, commence à avoir fort fort mal! Elle réclame une dose supplémentaire de péridurale ("Mediiiiic!!") qui lui est refusée, parce qu'il est trop tard pour que ça change quoi que ce soit. J'ai plus du tout envie de café...
Et c'est plus ou moins à ce moment là que le coté zen du travail se change en en moment ultra-violent. La souffrance commence à se lire sur le visage de mamadame, une réelle souffrance qui lui fait pousser plus que des geignements, des cris de douleur. Mon amour souffre et je suis impuissant... Toutes les personnes présentes l'encouragent à pousser encore plus fort, mais la douleur la fatigue et, fatalement, elle pousse moins efficacement. C'est trop long. Je lis des regards d'inquiétude sur les visages autour (ça, ça me rassure à fond! Ouééé!!) et on annonce qu'il va falloir utiliser la ventouse... Elisa s'en fout, elle supplie une autre péridurale. En gros, elle ne pousse presque plus et le bébé est engagé: il faut faire très vite. On met la ventouse et dans un grand "Pcchht!", elle lâche. Il faut la remettre et recommencer à pousser. Elisa hurle pour tout l'hosto. Je me décompose en pleurs de la voir souffrir tellement, de me sentir si inutile, de ne rien pouvoir faire d'autre que lui tenir la main et de ne pas pouvoir soulager cette douleur qui a l'air si forte. Une sage-femme monte sur la table et à chaque faible poussée appuie sur le ventre d'Elisa si fort que ses cris redoublent en puissance (cette femme est passée à ça de se prendre une droite de ma part!).
Et ça vient.
Arthur arrive.
On voit sa tête.
Son épaule.
Et puis, il est là, tout entier.
Tout en oreilles, en blond et en rose. Mes pleurs d'angoisse se transforment instantanément en pleurs de joie, qui rejoignent ceux d'Elisa. On pleure de voir cette petite merveille qui fait l'effet d'une bombe à neutrons dans nos coeurs, qui nous paralyse de bonheur, qui nous fait fondre de douceur, qui nous essoufle de gaîté, qui nous mène de ses petites mains potelées encore plus loin sur le chemin que nous avons emprunté sans savoir que ce moment de bonheur ultime allait nous arriver.
Et, alors que je tapote ce clavier, il est là, à coté de moi, occupé à dormir doucement comme un ange tombé dans nos plumes et rien de plus beau ne peut m'arriver.
Arthur, roi de nos cœurs, bienvenue chez toi.
1 commentaire:
pleurs de vie...
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