
On dit qu'une femme enceinte se découvre des facultés à chaque instant (je sais pas qui dit ça, mais ça sonne plutôt pas mal...). Mais qu'en est-il de son entourage?
En qualité de futur papa et, accessoirement, de support technico-logistico-punchingbo-moral, je me dois de déployer des trésors d'organisation et de patience pour faire en sorte que la grossesse de mamadame se passe pour le mieux (ce qui n'est pas la cas d'une manière absolue pour le moment, reconnaissons-le).
Donc, l'autre après-midi, elle me dit qu'elle a une envie toute spéciale de bouffe... Aïe, me dis-je, mais où va t-on trouver des crevettes grises fraiches à éplucher un vendredi soir? Nononon, rien de tout ça, mamadame veut une blanquette. De veau. Comme faisait son papa. Quand elle était petite. "Es-tu sure que tu voudras vraiment une blanquette?" (elle a tendance à vomir l'air qu'elle respire, alors une blanquette), lui demande-je, peu envieux de me retaper les courses... Et de dire que c'est essentiel à la survie du scampi, qu'elle mourrait de ne pas manger de blanquette, qu'elle retiendra sa respiration jusque à ce qu'elle en ait, etc.. Et bien sur de préciser que c'est elle qui la cuisinera, vu que j'en suis complètement incapable (ce qui n'est pas faux!). Donc me voilà au Delhaize, occupé à réunir les ingrédients indispensables à la réalisation d'une bonne blanquette (du veau, de la crème, des carottes). Inutile de préciser que jeudi, il faisait un temps pourri, que même la région liégeoise avait déclenché son niveau d'alerte catastrophe defcon4. Et au retour, trempé comme une soupe, voilà que je retrouve mamadame, dans le canapé, à l'acte de la mort, pâle comme un suaire, jouant à Mario et disant "Mon amouuuur, je suis pas sure d'avoir envie de blanquette, suis trop maaaal...". Restons zen.
Donc, pour revenir à l'intro, je me suis décidé à affronter mes démons et j'ai fait la blanquette. Comme un grand. Presque sans recette. Et le verdict rendu par la vindicte ménagère a été unanime: "Mais elle est délicieuse ta blanquette! Tu pourras en refaire!". J'ai réussi ma première blanquette! ça a l'air de rien comme ça, mais pour un bras cassé des fourneaux comme moi, le roux (c'est la sauce, bande de béotiens, pfff!) avait un petit arrière-goût de victoire...
Même si ça manquait un peu de crème...
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