mardi 17 juin 2008

" La vie ne vaut rien rien..."


Que l'on ne s'inquiète! On ne vous oublie pas, fidèles lecteurs (si on continue à ne plus écrire, votre nombre risque de baisser cruellement...)!

Aujourd'hui au menu, une échographie de votre serviteur et porte-plume, prise aux alentours de l'été 1975. Dixit ma maman, un des premiers clichés de ce genre. Une innovation majeure dans la vision du bébé à venir. Une avancée technologique sans précédent en gynécologie!
Pour moi, ça ressemble plutôt à un mix de la dernière photo d'Hubble et du Suaire de Turin!
On distingue clairement le corps et la tête (bien que les gens qui me connaissent pourraient inverser cette analyse!), ainsi que des zones annotées au pinceau n°6 à la peinture blanche et rouge. Le "O" et le "P" pourraient indiquer l'occiput et le... pet?
Le tout imprimé sur un vélin de Pergame, tanné patiemment par des nonnes lombardes, aux alentours de l'an mil...
Non, sérieusement, je trouve ça fantastique la perception que l'on peut avoir de son futur bébé, et pas seulement grâce à des images. Ainsi, il y a un peu plus de trente ans, lorsque mes parents ont reçu ce cliché, ils ont du se plonger dans cette image et imaginer tellement de choses, prévoir, et ressentir tellement de sentiments forts (en tous cas, je l'espère!). Un sentiment probablement très similaire à celui que nous ressentons aujourd'hui à la vue de l'écho 3D high-tech montrée il y a quelques semaines...
Une photo (ou une échographie dans ce cas) ne serait-elle, qu'importe sa qualité "technique", qu'un levier à nos sentiments? C'est un support sur lequel nous venons greffer des souvenirs, des émotions et des ressentis? Je le crois.
Certes, ces images font du bien et rassurent sur la présence du scampi (c'est mininou!), mais elles sont terriblement accessoires par rapport à la joie de voir mamadame prendre un peu de bide, de la voir porter notre enfant. De la savoir occupée à fabriquer un superbe mélange entre mes pieds et ses oreilles. De jalouser de l'entendre dire que le scampi a bougé et de ne pouvoir le sentir avant encore un bon moment. De faire, et ça c'est génial, des projets pour trois...
Comme disait monsieur S., "rien ne vaut la vie...".

dimanche 8 juin 2008

De cheval!


On dit qu'une femme enceinte se découvre des facultés à chaque instant (je sais pas qui dit ça, mais ça sonne plutôt pas mal...). Mais qu'en est-il de son entourage?
En qualité de futur papa et, accessoirement, de support technico-logistico-punchingbo-moral, je me dois de déployer des trésors d'organisation et de patience pour faire en sorte que la grossesse de mamadame se passe pour le mieux (ce qui n'est pas la cas d'une manière absolue pour le moment, reconnaissons-le).
Donc, l'autre après-midi, elle me dit qu'elle a une envie toute spéciale de bouffe... Aïe, me dis-je, mais où va t-on trouver des crevettes grises fraiches à éplucher un vendredi soir? Nononon, rien de tout ça, mamadame veut une blanquette. De veau. Comme faisait son papa. Quand elle était petite. "Es-tu sure que tu voudras vraiment une blanquette?" (elle a tendance à vomir l'air qu'elle respire, alors une blanquette), lui demande-je, peu envieux de me retaper les courses... Et de dire que c'est essentiel à la survie du scampi, qu'elle mourrait de ne pas manger de blanquette, qu'elle retiendra sa respiration jusque à ce qu'elle en ait, etc.. Et bien sur de préciser que c'est elle qui la cuisinera, vu que j'en suis complètement incapable (ce qui n'est pas faux!). Donc me voilà au Delhaize, occupé à réunir les ingrédients indispensables à la réalisation d'une bonne blanquette (du veau, de la crème, des carottes). Inutile de préciser que jeudi, il faisait un temps pourri, que même la région liégeoise avait déclenché son niveau d'alerte catastrophe defcon4. Et au retour, trempé comme une soupe, voilà que je retrouve mamadame, dans le canapé, à l'acte de la mort, pâle comme un suaire, jouant à Mario et disant "Mon amouuuur, je suis pas sure d'avoir envie de blanquette, suis trop maaaal...". Restons zen.
Donc, pour revenir à l'intro, je me suis décidé à affronter mes démons et j'ai fait la blanquette. Comme un grand. Presque sans recette. Et le verdict rendu par la vindicte ménagère a été unanime: "Mais elle est délicieuse ta blanquette! Tu pourras en refaire!". J'ai réussi ma première blanquette! ça a l'air de rien comme ça, mais pour un bras cassé des fourneaux comme moi, le roux (c'est la sauce, bande de béotiens, pfff!) avait un petit arrière-goût de victoire...

Même si ça manquait un peu de crème...

mardi 3 juin 2008

Untitled (pas d'inspi)


(Attention, ça va plonger dans le cucul!)

Bon...

Mon bonhomme (on sait pas encore si tu es un bonhomme ou une bonhommette, mais tu es UN foetus),
il y a de ça quelques jours, on a été prendre une deuxième photo de toi à l'hôpital d'Ixelles. Comme tu peux t'imaginer, on était quelque peu impatient! Et stressés de savoir que tu ailles bien! Ta mère n'en menait pas large... ton père non plus...
Lors des préparatifs, j'avais pris mon appareil pour enregistrer ton cœur battre comme la dernière fois, et pouvoir te le faire entendre le jour où ça t'intéresserait (on a le temps, je suppose). Malheureusement, la gynéco (qui est une sainte femme) n'a pas voulu que je te filme, supposant à raison que je préférerais te voir avec mes propres yeux (sic.) plutôt qu'à travers un objectif. Et comme elle a eu raison!
Je pense avoir vécu là un des moments les plus forts de ma courte vie. Dès les premiers instants, on a su que tu pétais la forme. On t'a vu bouger même avant que l'image ne se stabilise. La gynéco (que Shiva l'ait en sa sainte grâce) n'a pas arrêté de dire que tu étais "gentil", vu la façon dont tu nous faisais une démonstration de tes talents d'acrobate dans le ventre de ta mère. On est d'ailleurs assez d'accord avec ta mère pour dire qu'au vu de ta position sur la photo, tu sembles promis à un bel avenir dans la boxe... D'ailleurs, ce qui était rigolo, c'est que quand ta maman a voulu connaître ton sexe, la gynéco (qu' Odin la protège) a dit être capable de te faire bouger. Quelle ne fut pas mon émerveillement devant tant de science: un médecin capable de faire bouger un être de 6 cm à l'intérieur du ventre de sa mère! Eh ben non, elle a simplement agrippé fermement le joystick de l'échographie et secoué très fort le ventre d'Elisa. L'image était toute brouillée et quand elle s'est rétablie, on t'a vu gigoter comme un fou, l'air de dire "foutez-moi la paix, je dors!" (tout comme papa!). Mais comme le cordon était mal placé, on a rien vu... Pas grave, on le saura dans un mois probablement. Et donc, on sait que tu as: un nez, une mâchoire, deux reins, un estomac, une nuque, un cerveau (ce qui n'est pas, apparemment, donné à tout le monde), un cordon, et plein de trucs qui sont bien à leur place, tout comme toi dans nos cœurs mon bonhomme...
Ta mère va aller se coucher (et toi avec). Elle est pas top en forme pour le moment donc si tu pouvais lui laisser passer une bonne nuit, ce serait pas mal cool. Panique pas, c'est pas si grave que ça, mais tu lui files pas mal de nausées et beaucoup de fatigue. Elle dit que tu te nourris de ses réserves et comme son emploi du temps est bien chargé, elle a pas beaucoup l'occasion de les recharger. On espère que ça passera vite cet état un peu bof, et que ça va vite s'accorder avec notre mental, qui est au beau fixe puisqu'on te sait là, tout près de nous deux, qui t'attendons avec impatience.

Bonne nuit petit scampi!