Eh ben voilà!!
Le vendredi fatidique où tout allait se jouer est passé!
La date que l'on a attendu si longtemps (et redouté, optimistes que nous sommes...) est passée!
Et ma foi, le résultat en valait la chandelle... Petit récit.
Hier donc, on avait rendez-vous avec mamadame près de son école, sur une pelouse fleurie du cinquantenaire. Une fois arrivée (je me dorais la couenne depuis 30 minutes déjà), je la sens nerveusement atteinte. Dans l'espoir vain de me voir participer à son anxiété, elle commence à énumérer les catastrophes auxquelles on pourrait s'attendre (elle est très forte pour faire des listes voir posts précédents): le coeur qui ne bat pas, des sextuplés, une grossesse nerveuse, qu'il ait onze orteils, etc...
Inébranlable, le guerrier que je suis reste de marbre devant tant de sensibilité typiquement féminine. Mais quelle est donc cette espèce de boule qui se forme petit à petit au fond de mon ventre...?
Nous voilà donc sur place, une heure à l'avance, occupés à chercher à tromper l'attente en mangeant une glace et glandouiller chez Casa.
Je suis occupé à me liquéfier devant l'angoisse, j'ai l'impression de vouloir vomir, de me dire que tout est vain (tout est vain, je vous dis...), d'attendre les résultats d'un examen que je sais avoir raté, d'assister impuissant à l'écroulement inéluctable de tous mes repères, je me sens vide et sec, et même ce merveilleux milkshake à la banane de chez Zizi (supposé tout guérir, c'est bien connu!) ne parvient pas à tarir ce torrent de terreur (allitérations, quand tu nous tiens) qui m'enserre la gorge.
En gros, le guerrier n'en mène pas large...
Les cloches de l'apocalypse sonnent 16h20. Jérome Bosch n'arriverait pas à peindre ce qui se passe dans ma tête lorsque l'on rentre dans le cabinet du docteur (une dame qui a l'air très gentille, avec une voix grave et douce). Et de poser des centaines de questions à Elisa auxquelles je ne porte pas grande attention (bravo!) jusqu'à ce qu'elle m'en pose une. C'est à ce moment que je me dis que je vais pas très bien en répondant "schkrwgngnnnnjenesaispaaas...". Le docteur zappe et revient sur Elisa. Examen, palpage de je ne sais quoi et puis on passe dans l'antichambre de l'enfer : la pièce d'échographie. Il y fait une chaleur épouvantable, je transpire comme un fou.
Et là, la magie opère...
Le radar affiche des zones grisâtres, une tache noire et au milieu de cette tache, une forme blanche. Et cette forme blanche, c'est le bébé! Oui messieurs dames!!! Mon bébé!! Trop fort! Ce radar devient la fenêtre vers un énorme réconfort, toutes mes angoisses précédemment évoquées disparues à la vue de ce mininou qui nous nargue, du haut de ses 27 mm (de tête à cul). Mon regard passe de l'image à Elisa (qui ne me regarde pas du tout!) et la gynéco continue de commenter tout ça comme une carte météo (à gauche une zone de haute pression...). J'enregistre les battements de son cœur . J'aime bien l'idée d'avoir une trace sonore de notre première rencontre... Elisa respire le bonheur et je flotte dans une dimension faite de joie, de fatigue et de curiosité. Une énorme envie d' hurler commence à m'envahir: BEBE!!! TU M'ENTENDS? ON EST LA!! Et là, pouf, il commence à onduler de la colonne et des moignons... Putain, on le voit bouger! Elle souffle, elle souffle!! Terrible! Il nous fait un petit "shakeshake" comme dans un clip de MTV et puis se calme une peu.
La suite se passe un peu comme dans un doux rêve, on s'acquitte des honoraires, on prend rendez-vous pour la suite, et on s'en va, continuer cette journée toute insolite, unique à tous points de vue.
On erre un peu devant le cabinet du toubib, en se regardant les yeux pleins de ces images de bonheur et de promesses, tous les deux épuisés par les sentiments qui viennent de nous envahir.
On va passer chez Gaston, j'ai quelque chose à lui demander.
(je continuerai un autre jour, obligations professionnelles obligent)
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1 commentaire:
Tu vas demander à Gaston de te commenter la carte météo?
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